Marika Gallman : l’interview

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La cadette de la collection bit-lit fait déjà sensation. Avant même que Rage de dents n’ait investit les librairies, on pouvait voir que Maeve Regan avait séduit les lecteurs. Que vous ayez déjà lu sa première aventure ou pas (encore), on vous propose aujourd’hui de faire plus ample connaissance avec son auteure.

Si vous n’allez pas à Épinal ce week end, ce qui suit est un bon substitut. Bonne lecture et à lundi !

 

 


 

altPremière question facile : comment est née Maeve Regan. Doù te vient ce projet ?

Un été, il y a 3 ans, je travaillais comme fille de buffet et j’avais une pétillante collègue de 13 ans qui n’arrêtait pas de me parler de son livre préféré, qui allait être adapté en film… Twilight. Quelques jours plus tard, elle me larguait le bébé dans les bras, et je n’ai pas du tout accroché. Finalement, un jour, je me suis retrouvée assise à mon ordinateur avec une question en tête « Et si moi j’écrivais une histoire de vampires, à quoi ça ressemblerait ? » La première évidence a été que l’héroïne serait aux antipodes de Bella. Maeve a poussé son premier hurlement et cassé son premier nez ce soir-là.

Maeve à un caractère bien trempé et une langue fourchue comme ça ne devrait pas être permis. Est-ce une transposition de ta personnalité ou un rôle de composition ? (Et là, je suis content de poser cette question par e-mail…)

Bordel de merde. Cest toujours pareil. Fichus interviews, fait chier à la fin ! On me pose souvent cette question. Je n’ai pas la langue dans ma poche, j’ai un caractère que certains n’hésitent pas à qualifier de cochon, mais on est quand même très différentes. Après, ça m’aide à la retranscrire, c’est clair. Mais à la base, Maeve est une anti-Bella, et je pense que si elle m’a plu, c’est parce que j’en suis moi-même une. Nos ressemblances s’arrêtent là. Elle est égoïste, ne fait pas attention aux autres, et c’est le genre de personne avec qui je ne serais jamais amie. Et le prochain qui me pose cette question, je lui explose les dents, putain.

Un point surprenant : l’histoire ne semble pas se passer dans une ville précise, pourquoi donc ?

Simplement parce que quand j’ai commencé à penser mon intrigue et que je me suis posé la question du « où ? », je suis arrivée à la terrible conclusion que placer les événements en Suisse, ça n’allait pas le faire. J’ai beau l’aimer, ma Suisse, ça fait pas trop grand spectacle. Ensuite, je ne pouvais pas choisir les States non plus : je n’y ai jamais mis les pieds, ça aurait été suicidaire. Du coup, j’ai tenté de donner des descriptions assez succinctes pour que chacun puisse situer ça un peu où il l’entend.

Chaque roman de bit-lit réinvente quelque peu le mythe du vampire. Comment t’y es-tu pris, toi ?

Je ne crois pas avoir réinventé quoi que ce soit. Je n’avais jamais lu de bit-lit avant d’écrire Maeve, et mes seules expériences vampiriques étaient Twilight et Entretien avec un Vampire. Après, je n’ai jamais été fan des clichés, donc je pense que j’ai fait un mélange de tout ce qui me paraissait intéressant dans le mythe, et surtout de ce que j’aurais aimé y trouver en tant que lectrice.

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Quelles ont été tes inspirations avant de te mettre à écrire Rage de dents ? Et en as-tu trouvé de nouvelles après ?

Comme je l’ai dit avant, en lecture, pas grand-chose. J’ai détesté lire jusqu’à il y a quelques années… Par contre, je me suis toujours farci quantité de films et de séries, et j’ai toujours été fan de polars. Je suis assez visuelle, j’aime bien que la chute ne soit pas là où on l’attend, et j’adore placer des petites références, qui passeront pour la plupart inaperçues. Quant aux nouvelles inspirations, me semble pas, mais ma PAL s’est considérablement agrandie, alors peut-être que ma réponse changera quand j’aurai lu tout ça.

Quel est ton rapport avec l’écriture ? As-tu un cérémonial particulier ou des manies ?

Un cérémonial, pas particulièrement. En général, je ponds mes premiers jets très vite, et je mets dix fois plus temps en réécriture. Première vague je jette les faits pour voir si tout se tient, la deuxième je regarde autour ce qui se passe, et dès la troisième je reprends tout ce qui ne me plaît pas, je m’insulte dans les marges, et je continue jusqu’à ce que le résultat me convienne avant de confier le tout à des lecteurs test. À côté de ça, j’ai une collection de post-its au mur, avec un code couleur, pour les dialogues ou les détails à ne pas oublier de placer au bon moment.

Enfin, terminons en parlant un peu de l’avenir. Que peux-tu nous dire sur la suite des aventures de Maeve ? Sait-tu combien de volumes comportera la série et où tu vas ?

Je sais où je vais depuis que j’ai écrit la première ligne. Je déteste avancer à l’aveuglette, et j’aime les choses bien huilées. Alors bien sûr qu’il y a des petits détails qui changent, des éléments qui s’ajoutent, mais l’histoire est posée depuis le départ. Je l’ai divisée en quatre, et je pense réussir à m’y tenir. Quant à la suite… Rage de Dents jette des bases, et il n’est pas forcément représentatif de ce que les autres tomes réservent. Il fallait en passer par là, mais attendez-vous à quelques surprises à partir du deuxième. De nouveaux personnages, de nouveaux impératifs, de nouveaux problèmes. Mais une chose est sûre : il n’y a pas que les vampires dans la vie.

Et pour conclure vraiment : comment résumerais-tu ton livre en trois mots ? (Oui, je sais…)

Facile : Rage de Dents. (Comment ça, j’ai pas le droit ? C’était écrit nulle part. OK, OK…) Vampires, Cluedo et Tequila ?

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