Mignonne, allons voir si la rose est morte

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Une nouvelle venue rejoint le catalogue de Milady. Aussi rêveuse que pragmatique, Céline Landressie n’est pas à un paradoxe près. Et c’est le cas de son œuvre, qui est difficile à classer dans un courant littéraire particulier puisqu’elle emprunte le meilleur de plusieurs d’entre eux !

Le début de cette saga (qui devrait faire cinq tomes) se situe en France, à la fin du XVIe siècle. Notre pays est alors en proie à de terribles dissensions religieuses, mais c’est pourtant là que vient se réfugier le comte Greer, fuyant l’Angleterre élisabéthaine. Eileen, seule enfant du comte, est une jeune femme vive et de caractère. Mais son âge avance, et son père la met au pied du mur : elle doit se marier. Et c’est en faisant tout pour éviter cette terrible obligation que Rose rencontrera Artus de Janlys. Le séduisant et mystérieux personnage l’entraîne dans un univers dont elle ne soupçonnait pas l’existence, où les crimes terribles qui secouent Paris trouvent une explication inconcevable, mais bel et bien réelle…

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L’illustration est signée Magali Villeneuve. Oui, encore elle. 🙂

Ce résumé vous présente donc un pur roman vampirique, dans la lignée de ceux des XVIIIe et XIXe siècles. Qualifier le livre de roman historique serait juste, mais ce serait alors pour ajouter aussitôt les adjectifs gothique et romantique. Peut-être aurez-vous du mal à le croire, mais en ouvrant ce premier livre, vous vous retrouverez quelque part entre Bram Stoker et Jane Austen. Si. On pourrait croire que tout oppose les deux références et pourtant, Céline établit une passerelle entre eux.

Elle réussit cet exploit en laissant faire sa plume. L’habileté de son écriture vous fera visualiser parfaitement les lieux et les personnages de cette histoire. Vous serez les témoins du raffinement de cette France flamboyante, mais aussi mystérieuse. Par ailleurs, puisque c’est très lié, il nous faut aussi saluer l’authenticité historique du récit. Et, à la manière d’une Anne Rice, l’auteure associe à ce riche décor le mythe des vampires (bien qu’ils ne soient jamais nommés ainsi), ce qui là encore paraît tout à fait logique. En vérité, on ne fait que répéter une liste de qualités déjà connues de nombreux lecteurs. Quelques investigations sur Internet vous démontreront que l’enthousiasme est certain, quelle que soit la chronique sur laquelle vous tomberez.

Les faux-semblants sont au centre de cette intrigue et les nombreux personnages qui la composent sont aussi difficiles à cerner que la partie d’échecs qui est en train de se jouer. Au centre de cette galerie, Eileen Rosamund Greer, dite « Rose ». Par l’intermédiaire de ce fascinant protagoniste, vous en rencontrez bien d’autres. Et, au rythme qu’a choisi l’auteure, vous apprendrez à percer le mystère de chacun d’eux, si vous les observez et les écoutez avec attention.

Très douée pour le jeu des masques, Céline Landressie vous entraînera dans un bal possiblement mortel. Elle vous prendra par la main, vous faisant découvrir les multiples facettes de ce riche décor. Mais, en bonne conteuse, jamais elle ne vous donnera tous les indices, afin de mieux vous surprendre ! Mais aussi parce qu’il en va ainsi dans la vie.

Dans Rose morte, Céline ne défend qu’une cause, celle de la compréhension entre les individus. Plutôt que d’appliquer à autrui un stéréotype prémâché et poursuivre son chemin, il faut essayer de réellement le comprendre. Nos chemins dépendent invariablement des personnes qui croiseront notre route, et de la manière dont nous interagirons (ou non) avec elles.

Une cause que Céline défend admirablement dans La Floraison et dans ses suites. (Le tome 2 étant déjà prévu pour la fin d’année.) Nous sommes sincèrement ravis d’accueillir une créatrice dotée d’une telle sensibilité.

Rendez-vous demain en librairie. 🙂

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